58 l'afrique du nord pendant i.a guerre Une certaine quantité de porcs fut exportée par la province d'Oran et par le Maroc, où cet élevage s'était développé. Un bon nombre de chevaux et de mulets furent fournis par l'Afrique du Nord à la métropole et aux armées pendant la guerre. Le service des douanes n'enregistra que de faibles exportations, mais ces dernières furent considérablement accrues du fait de l'envoi en France par les corps de troupes d'un grand nombre d'animaux destinés soit aux dépôts, soit aux unités envoyées en Orient ou dans la métropole. Beaucoup d'ani- maux furent ainsi enlevés à l'industrie des transports et surtout à l'agri- culture. L'élevage des ânes trouva dans la guerre un débouché inattendu ; les remontes algériennes en achetèrent un grand nombre pour assurer le ravitaillement en vivres et en munitions des unités de première ligne. Crâce à leur vigueur et à leur sobriété, ils rendirent de précieux services. Enfin l'armée anglaise acheta en Algérie et en Tunisie des chameaux pour l'armée d'Orient. Le service de l'Intendance procéda, à partir de 1917, à la réquisition de toutes les laines propres aux besoins de l'armée, sauf celles nécessaires aux usages familiaux et à l'industrie locale. Le soin de réaliser les quan- tités disponibles fut confié à des commissions analogues aux commissions d'ovins et opérant dans les centres de production ou de ravitaillement. Les experts furent unanimes à reconnaître la qualité supérieure des laines algériennes, autrefois si méconnues et si décriées à cause des coupages et des altérations que leur faisaient subir les intermédiaires ; 65.000 quintaux de laine furent achetés en 1917, 38.000 quintaux seulement en 1918, le commerce intérieur restant libre et les indi- gènes, Kabyles et Ksouriens, ayant acquis de notables quantités de laine en raison de leur brillante situation financière. Les exportations furent de 45.000 quintaux en 1919, 40.000 en 1920, 87.000 en 1921. Une hausse formidable se produisit en 1920, bientôt suivie d'une baisse con- sidérable qui frappa durement les négociants. Les cuirs et peaux furent également réservés aux besoins de l'armée, à l'exception de ceux recon- nus inutilisables pour la confection des effets militaires. La Tunisie et le Maroc apportèrent eux aussi une intéressante contribution en laines et en peaux. La réquisition fut supprimée en 1919. En résumé, pendant toute la durée de la guerre, les denrées d'alimen- tation et les matières nécessaires aux besoins des armées trouvèrent toujours preneur à des prix avantageux. On eut seulement à se préoccu- per dans bien des cas de leur insuffisance et à empêcher la sortie de trop fortes quantités, qui n'auraient plus permis de satisfaire aux besoins locaux, pour lesquels le réapprovisionnement et la réimportation deve- naient impossibles. Il en fut tout autrement de certains produits tels