254 ALS ces mines, s’en eft mal trouvée, c’eft qu’elle a été d’abord oblige'e de fe conllituer dans des frais immen-fes, en machines, en maifon, en magafin, en fourneaux , en halles, &c. fans compter les gages trop forts qu’el-îe donnoit aux ouvriers. 20°. Qu’il conviendrait, pour prévenir tout abus, qu’il eut des direéteurs,' infpeéleurs & contrôleurs des mines établis par le Roi. 2i*. Que les terrains des particuliers que l’on occupe pour l’exploitation des mines, font remplacés par d’autres, félon l’eilimation du traitant; niais non à fa charge, tant dans les autres mines du Royaume, que dans les mines étrangères, & qu’il faudrait étendre ce privilège à celles d’Alface. 22°. Qu’afin que les précautions qu’on, prendra pour exploiter utilement ces mines, ne relient pas inutiles, il faudrait ménager les bois, & avoir une conceffion à cet effet de certains bois à perpétuité, ainlî qu’il eft pratiqué dans toutes les autres mines de l’Europe ; parce que les baux à tems n’étant jamais d’un terme fuffifunt pour engager les entrepreneurs aux dépenfes néceifaires, il arrive fouvent que les entrepreneurs à tems limité, ou travaillent tSr difpofent les mines à l’avantage des fuccef-feurs, ou que les entrepreneurs à tems, voyant leurs baux prêts à expirer, font travailler à fort-fait pour en tirer le plus de profit, & préparent ainfi une befogne ruineufe à ceux qui y entrent après eux. 23*. Que pour le bon ordre des mines en général, il conviendrait que le Roi établît de fa part un officier, non-feulement pour lui rendre compte de la vigilance des entrepreneurs & des progrès qu’ils pourraient faire; mais qui pût encore y adminillrer la juftice pour tout ce qui concerne les officiers, ouvriers, mineurs; & les appels en jultice ordinaire étant toûjours difpendieux, que ceux des Jugemens de cet officier ne fe fiffent que pardevant les intendans de la province. 24°. Que tpus les officiers, mineurs, fondeurs, maîtres des boccards & lavoirs, ainfi que les voituriers ordinaires qui conduilent les bois & charbons, joüïiïent de toute franchife, foit de taille, foit de corvée. 2y*. Qu’il plût au Roi d’accorder la permiffion de paf-fer en toutes les provinces du Royaume les cuivres & les plombs, fans payer droits d?entrée & de fortie. 26*. Que le conleil rendît un arrêt par lequel il fût dit que tous les alïociés dans l’entreprife des mines feront tenus de fournir leur part ou quotité des fonds & avances néceifaires, dans le mois; faute de quoi ils feront déchus & exclus de la focieté, fans qu’il foitné-ceffaire de recourir à aucune fommatiou ni autorité de juftice; cette loi étant ulitée dans toute l’Europe en fait de mines. Voilà ce que des perfonnes éclairées penfoient en 1741 , devoir contribuer à l’exploitation avantageufe, tant des mines d’Alface, que de toute mine en général : nous publions aujourd’hui leurs obfervations , prefque fûts qu’il s’en trouvera quelques unes dans le grand nombre, qui pourraient encore être utiles, quelque changement qu’il foit peut-être arrivé depuis 1741 dans ces mines. Que nous ferions fatisfaits de nous tromper dans cette conjeâure, & que l’iiitervalle de dix ans eût fuffi pour remettre les chofes fur un fi bon pié, qu’on n’eût plus rien à defirer dans un objet auffi important/ Elles obfervoient çncore en 1741. dans les vifites qu’elles ont faites dç ces mines, que les mineurs fe con-duifoient fans aucun fecours de l’art; que les entrepreneurs n’avoient aucune connoilfance de la Géométrie foûterraine; qu’ils ignoraient l’anatomie des montagnes; que les meilleurs fondans y étoient inconnus; que pour-vû que le métal fût fondu, ils fe foucioient fort peu du refte, de la bonne façon & de la bonne qualité, qui 11e dépend fouvent que d’une efpece de fondant qui rendrait le métal plus net, plus fin, & meilleur ; que les ouvriers __ s’en tenoient à leurs fourneaux, iàns étudier aucune forme nouvelle ; qu’ils n’examinoient pas davantage les matériaux dont ils dévoient les charger; qu’üs imaginoient qu’on ne peut faire mieux que ce qu’ils font; qu’on eft ennemi de leur intérêt, quand on leur propofe d’autres manœuvres : que quand on leur faifoit remarquer que les lcories étoient épailles, & que le métal fondu étoit impur, ils vous répondojent c'efi la qualité de la mine, tandis qu’ils dévoient dire, c'efi la mauvatf: qualité du fondant, & en eifayer d’autres: que fi on leur démontrait que leurs machines n’avoient pas le degré de perfeâion dont elles étoient fufceptibles, & qu’il y aurait à reformer dans la conltruftion de leurs fourneaux, ils croyoient avoir fatisfait à vos objections, quand ils avoient dit, c'efiJa méthode du pays; & que ALS fi leurs ufints étoient mal eonflruites, on ne les aurait pas laijfées fi long-tems imparfaites : qu’il eft confiant qu’on peut faire de l’excellent acier en Alface; mais que l’ignorance & l’entêtement fur les fondans, laifle la matière en gueufe trop brute, le fer mal préparé, & l’acier médiocre. Qu’on croyoit à Kingdall que les armes blanches étoient de l’acier le plus épuré, & qu’il n’en étoit rien ; que la préfomption des ouvriers, & la fuffifance des maîtres, ne fouffroient aucun confeil : qu’il faudroit des ordres ; & que ces ordres pour embrafler le mal dans toute fon étendue, devraient comprendre les tireries, fonderies, & autres ufines : que la conduite des eaux étoit mal entendue; les machines mauvaifes, & les trempes médiocres ; qu’il n’y avoit nulle économie dans les bois & les charbons ; que les établiiïemens devenoient ainfi prefqu’inutiles ; que chaque entrepreneur détruifoit ce qu’il pouvoit pendant fon bail ; que tout fe dégradoit, ufines & forêts: qu’il fuffifoit qu’on fût convenu de tant de charbon, pour le faire fupporter à la mine ; que dure ou tendre, il n’importoit, la même dofe alloit toûjours; que le fondant étant trop lent à_ diffoudre, il faudroit quelquefois plus de charbon ; mais que ni le maître ni l’ouvrier n’y penfoient pas: en un mot, que la matière étoit mauvaife, qu’ils la croyoient bonne, & que cela leur fuffifoit . Voilà des obfervations qui étoient trés-vraies en 1741.; & il faudroit avoir bien mauvaife opinion des hommes, pour croire que c’eft encore pis aujourd’hui. Mais les endroits dont nous avons fait mention ne font pas les feuls d’où on tire de la mine en Alface : Sainte-Marie-aux-mines donne fer, plomb & argent; Giroma-gny & banlieue, de même; Lach & Val-de-Willé, charbon , plomb ; d’Ambach,fer ordinaire, fer fin ou acier; Ban-de-la-Roche, fer ordinaire; Framont, fer ordinaire; Molsheim, fer ordinaire, plâtre, marbre; Sultz, huile de pétrole, & autres bitumes. Ces mines ont leurs ufi-nes & hauts-fourneaux ; au Val de Saint-Damarin, pour l’acier; au Val de Munfter, pour le laiton; à Kingdall, pour les armes blanches & ies cuivres; à Baao, pour le fer & l’aeier . L’Alface a auffi fes carrières renommées: il y a à Roufack, moilon, pierre de taille, chaux & pavé; à Bolwil, chaux; à Rozeim pierre de taille, pavé, meules de moulin,bloc, & bonne chaux; à Savernes, excellent pavé. Les mines non exploitées font, pour le fer, le Val de Munfter & celui d’Orbay; pour le fer & le cuivre, le Val de Wiilé, Baao & Thaim; pour le gros fer, le fin, & le plomb, d’Ambach; pour l’argent, le plomb & le fer, Andlau; pour le plomb, Oberenheim; pour le charbon, Vifche; pour le fer & l’alun, le Ban-de-la-Roche & Framont. On trouve encore à Marlheim, Valfone & Hautbaac, des marcaffites qui indiquent de bonnes mines . Voici ce que les mines de Girojnagny produifoient en 1744. E T T de Livraifon pour le mois de Mars. jhun du Mtis. z,tt. Cuivre. Plomb. 13. 2400 Mines de Chaydé, argent y_i S *3- 4fî,o. Pilons de Saint Pierre... 4 S I 13. 1400 Pilons de Phenigtorne. . . 2 a 13. 3800 CraiTes de la fonderie ... ~ 3 22 X *7- 700 Pilons de Phenigtorne ... ¿ 2 6 22. 2400 Mines de Chaydé . ... f 6 2a. 2400 Pilons de Saint Pierre . . 4 2 22. 400 Halles de Saint André . . ^ 23 22. y6oo Mines de Saint André ... ~ J-2 27. 3300 Craifes de la fonderie . . . ~ 2 34 27 3yoo. De Saint Jean d’Auxelle. . r 39 27. 1800 De Saint Jean d’Auxelle ,. 1 ~ 43 30 600. CralTes de la fonderie ... A 1 20 2 2 30. 300 Halles de Saint André .A z4 2 3o-