aoS ALC fî on e tait tremper dans l’eau; un rouge, fi on la.laif-fe infufcr dans du vinaigre, du citron, ou de l’eau d’alun. On extrait des baies de la même plante, une huile d’une odeur tiès-agr.éable ; on .en fait ufage en Médecine. A LC ANNA, ( Médecine. ) al canna offre. Ligu-firum Indicum, feu "alcanna Manithondi . Herm. Muf. Zeil. 6. 6$. C’eft le kennà des Turcs & des Maures; lès feuilles réduites en poudre jaune, fervent de cofmé-tique aux naturels du pays, qui en font une efpece de pâte avec du lue de limon; les hommes en teignent leur barbe, & les femmes leurs ongles. Elle eft bonne pour exciter les réglés, & pour les maladies hyftériques ; auflï jes 0dentaux s’en fervént-ils pour caufer l’avortement , & pour chafler le fœtus mort dans la matrice. ( N) ’: * ALCANTARA,( Ge'og. ) ville d’Efpagne dans ’Eftramadoure, jur Ijp Tage. Long. il. 3f. lat. 39. 20. 1 y a en Efpagne une autre ville nommée Valencia d.'Alcantara-, c’eft encore le nom d’une contrée de Portugal , à une lieue ou environ au-delfous de Lisbonne. Alcantara, ( Ordre d') Hift. tnod. ancien ordre militaire, ainn appellé d’une ville d’Efpagne de mç-pre nom, dans l’Eftramadoure. Voyez Chevalier, Ordre, C5îr, En 1212, Alphonfe IX. roi de Caftille, ayant repris Alcantara fur les Mores, en confia la garde & la défenfe, d’abord aux chevaliers de Çalatrava, & deux ans après aux chevaliers du Poirier, autre ordre militaire inftitué en 1170 par G ornez Fernand, & approu vé par le pape Alexandre III. fous la réglé de S. Benoît. Ce fut à cette occafion qu’ils quittèrent leur ancien nom, pour prendre celui de chevaliers d'Alcan-tara. Après l’expulfion des Mores & la prife de Grenade, la maîtrife de l’ordre à'Alcantara, & celle de l’ordre de Çalatrava, furent unies à la couronne de Callille par Ferdinand & Ifabelle. Voyez Çalatrava. En jf4Q, les chevaliers à?Alcantara demandèrent la permilhon de fé marier, & eije leur fut accordée. I]s portent la croix Verte ou de finople flêurdelyfée, & ont en Efpagne piufieurs riches commanderies, dont le roi difpofe en qualité de grand maître de l’ordre. (G) * ALCARAZ, ( Geogr. ) ville d’Efpagne dans îa Mancjie, fur la GuardàmÇflÎC Long, jy, 42. lat. . f ÂLÇATHE'ES, fêtes qu’on célébroit à Mi-cènes en l’honneur d’Alcathoüs fils de Pelops, celui qui foupçonné d’avoir fait affailiner fonfrere Chryfippe, chercha un afyle à la cour du roi Megare, dont il épou-lâ la fille , après avoir délivré le pays d’un lion furieux qui le ravageoit. Il fuccéda à fon beau-pere, fut bon fouverain, & mérita de l’amour de fes peuples les fêles annuelles appellées Alcathées. * ALCATRACE, f sa. petit oifeau que l’on chércheroit enyain fur l’Océan des Indes aux environs du ièizieme degré de latitude & fur les côtes d’Arabie, où Wicquefort dit qu’il fe trouve; car pour le reconnoître il en faudrait une autre defeription, & fur pette defeription peut-être s’appercevroît-on que c’eft un oifeau déjà connu fou^ un autre nom. Nous invitons les voyageurs d’être meilleurs obfervateurs, s’ils prétendent que l’Hiftoire naturelle s’enrichifle de leurs obfer-vations. Tant qu’ils ne nous rapporteront que des noms, nous n’en ferons guère plus avancés. * A L C A V AL À, droit de doüanne de cinq pour cent du prix des marchandifes, qu’on paye en Eipagne & dans l’Amérique efpagnole.' - A L C E', f. m. animal quadrupède. On ne fait pas tien quel eft l’animal auquel ce nom doit appartenir, arce que les deicriptions qu’on a faites de Valcé, font ifferentès l'es unes des autres. Si on copfulte les Na* turaliftes anciens & modernes, on trouvera par rapport à cet animal des faits qui paroilfent abfolùment contraires ; par exemple, qu’il a le poil de diverfes couleurs, & qu’il eft femblable à un chameau dont le poil n’eft que d’une feule couleur ; qu’il a des cornes& qu’il n’en a point; qu’il n’a point de jointures aux jambes, & qu’ jl a des jointures, & que c’eft çé qui le diftingue d’un autre animal appellé machlis; qu’il a le pié fourchu, & qu’il a le pié fol ¡de comme le cheval . Cependant on croit qu’il y a beaucoup d’apparence que Valcé n’eft point différent de l’animal que nous appelions élan, parce que la plupart des auteurs conviennent que Valcé eft à-peu-près de la taille du cerf; qu’il a les oreilles & les piés pomme le cerf, & qu’il lui reffemble encore par la pe-dteiTe de fa queue & par fes cornes; qu’il eft différent dû cerf par la couleur & la longueur dé fon poil, par ALC la petîtefle de fon pou, & par la .raideur de fey jambes . On a remarqué qu’il a la levre fupérieure fort grande . Il eft ‘ certain que tous ces cara&eres conviennent à l’élan. On pourrait auffi concilier les contrariétés qui fe trouvent dans les deferiptions de Valcé ; car quoique le poil de l’élan ne foit que d’une couleur, cependant cette couleur change dans les différentes faifons de l’année, fi l’on en croit les hiftoriens feptentrionaux, elle devient plus pâle en été qu’elle ne l’eft en hyver. Les élans mâles ont des cornes, les femelles n’en ont point; & lorfqu’on a dit que Valcé n’a.voit point de jointures, on 3 peut-être voulu faire entendre feulement, qu’il a les jambes prefqu’auffi raides que s’il n’a voit point de jointures ; en effet cet. animal a la jambe très-ferme. Mém. de l'acad. royale des Sc. tom. III. part. I. pag. i79. Voyez Elan. (/) ALCE'E, en latin alcea, f. f. herbe à fleur mono-pétale en forme de cloche ouverte & découpée; il y a au milieu de la fleur un tuyau pyramidal, chargé le plus fouvent d’étamines, & il fort du calice un piftil qui paffe par le fond de la fleur, & qui s’emboîte dans^ le t.uyau. Ce piftil devient dans la fuite un fruit applati ajrrondi, quelquefois pointu, & enveloppé pour l’ordinaire par le calice. Ce fruit eft cpmpofé de piufieurs capfules qui tiennent à un axe cannelé, dont chaque cannelure reçoit une capfùle qui renferme un fruit fait ordinairement en fbrnje de rein. L'alcée ne différé de la mauve & de la guimauve, qu’en ce que fes feuilles font découpées. Tournefort, lnft. rei herb. Voyez Plan-TE ( I ♦ALCHIMELECHo/« MELILOT EGYPTIEN, plante qui croît & s’étend à terre, petite, ferpentant lentement, ne s’élévant prefque jamais ;' ayant fa feuille du trefle, feulement un peu moins grande ; les fleurs petites, en grand nombre, oblongues, placées les unes à côté des autres, de la couleur du iatran , & d’une odeur fort douce . Il fuccede à ces fleurs dey gouifés obliques, qui contiennent une très-petite femen-ce ronde, d’un rouge noirâtre, d’une faveur amere & aftringehte, & qui n’eft pas fans odeur. Ray. ÀLCHlMlE, f. f,' eft la chimie la plus fubtile par laquelle on fait des opérations de Chimie extraordinaires, qui exécutent plus promptement les mêmes chofes que la nature eft long-tems à produire ; comme lorfqu’avec du mercure & du foufre feuletnent, on fait en peu d’heures une matière folide & rouge, qu’on nomme cinnabre, & qui eft toute femblable au cinnabre na-tjf, que la nature met' dés années & même dés fiecles à produire. Les opérations de Valchirnie ont quelque choie d’admirable & de myftérieux ; il faut remarquer que lorsque ces opérations font devenues plus connues, elles perdent leur merveilleux, & elles font mifes au nombre des opérations de la chimie ordinaire, comme y ont été mifes celles du liliùm, de la panacée, du kermès, de Témé tiqué, de la teinture de l’écarlate, £sV. & fuivant la façon dont font ordinairement traitées les chofes humaines, la chimie ufe avec ingratitude des a-vantages qu’elle a reçus de Valchirnie : Valchimie eft maltraitée dans la plûpart des livres de chimie. Voyez Alchimistes. Le mot alchimie eft compofé de la prépofition al qui eft arabe, & qui exprimefublime ou par excellence , & de chimie, dont nous donnerons la définition en fon lieu ( voyez Chimie) ; deforte que alchimie, fuivant‘la force du mot, lignifie la chimie fublime, la chimie par excellence. Les antiquaires ne conviennent pas entr’eux de l’origine ni de l’ancienneté de Valchirnie. Si on en croit quelques hiftoires fabuleufes, elle étoit dès le teins de Noéy il y en a même eu qui ont prétendu qq’Adam favoit de Valchirnie. Pour ce qui regarde l’antiquité de cette _ fcience, pn n’en trouve aucune apparence dans les anciens auteurs, foit Médecins, foit Philofophes, foit Poètes, depuis Homère, jufqu’à quatre cents ans après ^Jefus-Chrift'. Le premier auteur qui parle de faire de l’Or, eft Zozime, qui yivoit vers le commencement du cinquième fiecle, H a compofé en grec un livrc fur l'art divin de faire de l'or ÿ de l'argent. C’eft un manùfcrit qui eft à là bibliothèque du Roi. Cet ouvrage donne lieu de juger que lorfqu’il a été écrit, il y avoit déjà long-tems que la Chimie étoit cultivée, püifqu’elle avoit déjà fait ce progrès. Il n’eft point parlé du remede univerfel, qui eft 1 o-bjet principal dé l’Alchimie, avant Geber, auteur arabe, qui vivoit dans le feptieme fiecle’.